Fernando de Amorim
Paris, le 30 décembre 2025 – 1er janvier 2026
En confondant, dans sa critique, la psychanalyse de Freud avec la psychologie analytique de Jung et la psychologie individuelle d’Adler, Popper montre que, épistémologiquement, il n’a pas compris ce qu’est la psychanalyse ni pour quelle raison elle est, selon l’auteur de ces lignes, une science à part entière.
Quelques-uns utilisent la loi pour justifier l’usage des drogues. Il y a des substances qui sont vendues avec l’autorisation du gouvernement. Je pense à un cannabinoïde qui est présenté comme non psychoactif. Or des études scientifiques semblent mettre en évidence les effets du cannabichromène (CBC) comme ayant des effets analgésiques, antidépresseurs et anti-inflammatoires. Il ne provoque pas d’euphorie.
Ce qui est gênant dans la conclusion de cette recherche scientifique est la transposition des résultats sur des animaux vers l’homme et, dans le cas de ce dernier, de généraliser l’importance du résultat desdites études scientifiques à tous les humains. Il s’agit ici de l’usage de la méthode horizontale dans la conclusion d’une recherche scientifique. Celle-ci est possible dans l’étude biologique, où le désir n’est pas le cœur de l’être étudié. C’est pour cette raison qu’étudier la psychanalyse avec la méthode horizontale est une erreur épistémologique. Les effets d’une psychanalyse et même d’une psychothérapie avec une psychanalyste ( « Vitiligo : entre chair et peau. L’oripeau en héraut »), doit faire usage de ma méthode verticale.
La loi des hommes, celle des législateurs, détermine ce qu’est une drogue et ce que n’est pas une drogue. Le concept de loi ne peut pas être dissocié de la patte divine, si j’ose dire : c’est la loi de Dieu qui entre en scène ici.
La loi divine comme la loi du législateur s’imposent au Moi et ce dernier doit obéir. Dans le cas contraire, il devra en subir les conséquences, sous forme de répression, de punition. Les Sémites subissent les effets de l’idéologie de leur dieu méchant et de leurs livres cruels, de plein fouet. Cela n’offre pas au monde, parmi ceux qui les suivent aveuglément, des joyeux.
Il me semble important de mettre en évidence une autre loi : la loi que subit l’être en psychanalyse. Cette loi se présente à l’être comme la conséquence de son acte.
Une femme a pris du CBC en expliquant qu’il s’agissait d’un produit commercialisé et vendu dans des boutiques spécialisées.
Cependant, après la consommation, elle a perdu ses repères, prise d’une angoisse qui l’avait poussée à rester chez elle, par peur de sortir de sa maison. Il s’agit de réactions fréquentes mais insignifiantes pour la méthode horizontale, celle que suivent médecins, addictologues, psychiatres, biologistes, scientifiques.
Quand cette dame de 35 ans, en psychanalyse depuis trois mois, arrive à la consultation, le clinicien lui demande de régler les séances manquées et, dans la foulée, d’augmenter le prix des séances, car elle sait que les prise de drogues en psychothérapie ou en psychanalyse sont incompatibles.
Elle accepte de régler les séances, non pas par soumission, parce qu’elle serait hypnotisée ou dans une secte ou bien encore sous le joug d’un gourou ou d’un tyran. Cela, ce sont des conneries du Moi qui méconnait et ne veut pas laisser l’être, avec le consentement de ce dernier, savoir sur les effets de la loi de la castration, la loi psychanalytique. Car devenir sujet, c’est se libérer de la tyrannie des organisations intramoïques, c’est se rebeller en disant : « Tu ne me feras pas la loi, chameau », comme l’écrit Octave Mirbeau dans Le journal d’une femme de chambre.
Le refus de la loi tyrannique, celle de l’Autre non barré, ne mérite pas d’être confondu avec ce qui est habituellement appelé « la loi du Surmoi », qui est plutôt un avertissement et non une loi.
La fonction du clinicien est d’avoir le courage de faire respecter – si le Moi, par amour de transfert, et l’être, par désir de savoir, sont d’accord – la loi psychanalytique, celle de la castration, celle que protège l’être de l’aliénation du Moi.
La loi psychanalytique est une frontière aquatique qui signale par où l’être peut naviguer et lorsque ce dernier navigue hors des eaux propres à la structure de son Moi. Quand il navigue hors du courant propre à cette structure, il en paye le prix avec du papier nommé euro et non avec sa livre de chair, en assumant les conséquences de sa connerie qui consiste à laisser son Moi le mener par le bout du nez – car les organisations intramoïques mènent déjà par le bout du nez le Moi d’autrui œdipien lorsqu’il confond la domestication, propre aux instincts animaux, avec l’éducation des pulsions propres à l’être humain. Quand j’affirme que la France, avec ce Symbolique qui y règne, est un îlot qui rend l’être véritablement humain sur cette planète, ce n’est pas une simple vue de mon esprit. Qu’une femme politique puisse salir l’accueil fait aux Clooney sur le territoire national et que les mêmes autorités politiques laissent des OQTF voler, violer et tuer sans que personne puisse mettre un terme à cette mascarade m’indigne au plus haut point. Je souhaite que les civilisés, qu’ils se nomment George, Brad, Amadou, Vladimir ou Moustapha, viennent en France et que les malfrats, qu’ils se nomment Moustapha, Vladimir, Amadou, Brad ou George, prennent la porte. Au nom de la Loi.
La loi en psychanalyse consiste à construire le plaisir d’être en vie. Il s’agit d’une loi et non d’une injonction. Cette loi est une frontière maritime que l’être accepte ou non de traverser. S’il accepte de se mettre à l’ouvrage, il occupera la position de sujet.
La loi psychanalytique, pour utiliser la réfutabilité de Popper, est la loi de la castration. La réfutation de cette loi, puisque tous les être ne seront pas soumis à cette loi, est la preuve de la scientificité de la psychanalyse.
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