Pour une vraie politique clinique

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Pour une vraie politique clinique

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Fernando de Amorim

Paris, le 9 mars 2018

 

 

 

Trois CPAM – Caisse primaire d’assurance maladie (Bouches-du-Rhône, Morbihan et Haute-Garonne – ont lancé une expérimentation de prise en charge de la psychothérapie par l’Assurance maladie, selon « Le Généraliste » du 7 mars 2018.

 

Par convention, des psychologues libéraux pourront voir leurs consultations remboursées à 100% si les patients sont adressés par leur médecin traitant. Cette expérience durera trois ans et la même est déjà en cours avec des adolescents.

 

Les consultations doivent durer 45 minutes à 32 euros puis jusqu’à 20 séances d’accompagnement de 30 minutes cotées 22 euros.

 

Quels sont leurs objectifs ? 1) Réduire les dépenses de santé de la Sécu en matière de souffrance psychique, 2) faire baisser les arrêts de travail et 3) diminuer la consommation d’anxiolytiques et d’antidépresseurs.

 

La pertinence d’une telle opération aurait trouvé abri dans une étude de l’American psychological association qui révèle que « les personnes souffrant de troubles mentaux refusent davantage les traitements médicamenteux par rapport à une psychothérapie ».

 

Pour quelle raison aller aux EUA si nous avons de l’excellence chez nous ? Passons un coup d’œil sur ce qui se fait à Paris en matière d’expérience de diminution d’hospitalisation en psychiatrie, en prise de médicaments, en arrêt maladie, sans que cela coûte un centime au contribuable :

 

Avec une vingtaine de cliniciens, la CPP – Consultation publique de psychanalyse –, assure des consultations qui peuvent aller de la gratuité à une somme déterminée selon les moyens des patients.

Pour information, la consultation publique de psychanalyse a assuré, en 2012, 7 280 consultations (sept mille deux cent quatre-vingts consultations) ; en 2013, 22 207 consultations (vingt-deux mille deux cent-sept consultations ; en 2014, 28 665 consultations (vingt-huit mille six cent soixante-cinq consultations), en 2015, 31 823 (trente et un mille huit cent vingt-trois consultations), en 2016, 37 724 consultations (trente-sept mille sept cent vingt-quatre consultations), en 2017, 46 978 consultations (quarante six mille neuf cent soixante-dix-huit consultations).

 

Ces consultations ont été assurées par des étudiants sous la responsabilité d’un superviseur, l’auteur de ces lignes en l’occurrence.

 

Je propose donc aux CPAM de mettre en place le même dispositif, de l’évaluer en 6 mois et de répéter l’expérience si elle est concluante ou de l’arrêter si elle n’apporte pas les résultats cliniques, sociaux et économiques attendus. Pour cela, ils peuvent me contacter : secretariat.rph@orange.fr

 

Pour mettre en place un tel dispositif, il nous faut un endroit pour recevoir les patients (salle de Mairie par exemple ou les locaux de la CPAM après fermeture). Ces consultations seront assurées par des étudiants à partir de la 1e et 2e année de psychologie ou médecine.

 

En 2017, nous avons une déclaration globale de revenus brut (séance de psychothérapie et de psychanalyse) de 1 229 181, 83 euros. Sans aucune aide de l’Etat. Les 83 centimes sont très importants. Les séances chez nous peuvent être gratuites, elles ne les sont pas d’emblée. Pas de charité – surtout pas la fausse – à la CPP. Le patient paye son maximum. Cette année ce sont 83 centimes, payés au Docteur M.

 

 

Gains sociaux

 

D’un côté, l’étudiant est formé à la clinique, ce qui lui permettra de constituer sa clientèle, gagner sa vie, payer ses impôts et surtout gagner en dignité. De l’autre côté, le citoyen en détresse sort apaisé des rendez-vous, s’évitant ainsi la névrose, l’incapacité au travail ou la violence familiale.

 

 

Pour conclure

 

Ces consultations pourront être gratuites. Si le patient peut payer, il paye selon ses moyens. La visée est qu’il paye le plus rapidement possible, donc qu’il trouve un travail, mais pour trouver un travail, il faut être bien dans sa peau. L’argent des consultations servira à payer le superviseur, la location du local, les étudiants. Cet argent, payé par les patients, selon leurs moyens, les responsabilise à la participation active dans leur traitement et par conséquence dans leur vie sociale.

 

Cette expérience aura une durée de six mois, renouvelable.

 

Elle sera reconduite si les objectifs sont favorables (le témoignage des patients).

 

Coût pour la société civile ? 0 euro.

 

C’est ainsi que la CPP (Consultation publique de psychanalyse)-RPH (Réseau pour la psychanalyse à l’hôpital-Ecole de psychanalyse) vit depuis sa création (1991).

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