Pour le retour à la voie royale Réponse à l’enquête – III

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Pour le retour à la voie royale Réponse à l’enquête – III

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Fernando de Amorim

Paris, le 15 juin 2017

 

 

Voici ma troisième et dernière réponse à l’enquête des syndicats des jeunes médecins.

 

Je suis en train d’organiser de nouveaux groupes d’études cliniques pour les jeunes étudiants et cela prend un temps très important. Qu’ils soient étudiants en médecine ou en psychologie, les étudiants sont entièrement tournés vers l’obtention de leurs diplômes, leurs stages, mais jamais à savoir sur leur désir. Inévitablement cet oubli, imputable à leurs aînés, produit des comportements d’errance, d’abandon de leurs objectifs initiaux, et la détresse qui va avec.

 

La plainte des jeunes médecins est qu’ils ne sont pas, ou rarement, soutenus par leurs supérieurs hiérarchiques. Mais leurs supérieurs hiérarchiques ne sont pas leurs baby-sitters ! Un jeune médecin est un citoyen qui a des droits et des devoirs. Quelqu’un qui perturbe son acte clinique doit être écarté. Pas par lui, mais par les autorités compétentes.

 

Les jeunes médecins ne sont pas formés à la clinique mais aux protocoles. Pas au maniement du transfert clinique entre eux et le malade ou le patient, mais à une relation thérapeutique sans vie.

 

Les praticiens installés ne prennent pas en considération les jeunes collègues parce que, pour se former à la clinique, il faut rencontrer des patients dès la première année. Il nous faut changer la politique de formation des cliniciens en médecine et en psychologie. Et ce changement passe par l’examen de ce qui pousse quelqu’un à désirer devenir clinicien, et cela indépendamment qu’il obtienne un diplôme de médecin ou de psychologue à la fin de son parcours universitaire. Cet examen ne sera fructueux que s’il est fait par un psychanalyste.

 

Si la plainte dans l’enquête fait rage, le désir, lui, est rare.

 

Dans la clinique, tôt ou tard, nous n’avons le soutien de personne. D’où l’importance à apprendre à prendre des décisions seuls. La collégialité c’est dans l’après-coup. Dans le moment clinique, seul le clinicien indiquera de quel côté le bateau sera conduit.

 

Avant de former un médecin au management, il me semble urgent qu’il puisse savoir sur son désir. Copier le modèle anglo-américain pour la formation des cliniciens français est-ce bien judicieux ? La France a une tradition clinique qui se soutient fondamentalement de la relation avec le patient. Sacrifier une telle tradition à une lecture vétérinaire de la médecine humaine ne grandit ni les médecins ni la médecine française.

 

Un travail de réflexion entre jeunes médecins et psychanalystes me semble être une voie royale pour sortir de la voie de garage que les symptômes des jeunes médecins dénoncent.

 

En ce sens, je suis mille fois d’accord avec l’idée des syndicats d’organiser des groupes de travail régulier, pas de « temps d’échanges », comme il a été écrit. Il est nécessaire, et pour cela c’est aux syndicats d’en juger, quel est le professionnel qualifié – psychologue, psychiatre, psychanalyste – pour aider les jeunes cliniciens à opérer avec aisance la relation médecin-patient.

 

Les problèmes rencontrés par les jeunes médecins ne sont pas dissociés des problèmes rencontrés dans les filières liées à la psychologie.

 

Il est essentiel que les quatre syndicats auteurs de cette étude puissent s’unir avec les associations psychanalytiques pour discuter de la clinique française de ce siècle.

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