L’hallucination signe la schizophrénie, paris

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L’hallucination signe la schizophrénie, paris

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L’hallucination est un phénomène psychique où l’être, dans la vie éveillée, expérimente des perceptions ou sensations sans appui d’un objet extérieur. Mon intention n’est pas d’étudier le registre médical des hallucinations – dans le cas des hallucinations par atteintes localisées des centres nerveux – mais psychanalytique – dans le cas de la soumission du moi à la résistance du surmoi (quand le regard de l’être se fixe sur un coin de la pièce), ou à l’Autre non-barré (quand il remue les lèvres en silence sans mot dire). Je ne cherche donc pas étudier l’origine neurologique ou pharmaceutique de l’hallucination (tumeur ou prise d’hallucinogènes). Quand j’affirme que l’hallucination signe la schizophrénie, j’exclue ainsi, les produits externes qui pourraient la déclencher, comme les drogues. L’important ici est de savoir que, si l’hallucination signe la schizophrénie, le clinicien prendra des dispositions autres que s’il avait affaire à un paranoïaque, une mélancolique ou à une hystérique. Je pense que, dans ces trois cas, il ne s’agira pas d’hallucination. Seul le schizophrène hallucine.

 

Le moment de l’examen clinique est un moment important que suit le clinicien à chaque avancée de la cure. S’il suppose, à partir du discours de l’être, que ce dernier hallucine, il est important que le clinicien pousse l’examen jusqu’à ce qu’il puisse continuer à diriger la cure vers le NE (nord-est) – point d’arrivée de la cure du névrosé, selon ma métaphore –, ou le SE (sud-est), point d’arrivée de la cure du psychotique, toujours selon cette métaphore maritime (Cf. http://www.fernandodeamorim.com/details-carte+des+3+structures-264.html).

 

Il est important pour le diagnostic de savoir à quelle structure le clinicien a affaire. Si le malade, patient ou psychanalysant décrit une hallucination – qu’elle soit visuelle, auditive, olfactive, gustative, cénesthésique, génitale, multi-sensorielles ou de la sensibilité générale –, il nous indique que nous avons affaire à une schizophrénie.

 

Pour quelle raison proposer une telle balise clinique ?

 

D’abord parce qu’un clinicien ne conduit pas la cure d’un schizophrène comme il conduit celle d’un paranoïaque ou d’un mélancolique. Mais pour conduire la cure – psychothérapie ou psychanalyse – avec le psychotique, il lui faut savoir vers où il amène la cure de celui qu’il écoute.

 

L’hallucination n’est pas une croyance, c’est une certitude. La croyance peut s’évanouir avec les associations libres, pas la certitude, certitude de voir, d’entendre, de gouter, de sentir.

 

Si la certitude signe la psychose, l’hallucination signe la schizophrénie.

 

Bien entendu il y a toujours un point de départ pour l’hallucination. Il peut être moléculaire ou organique, mais c’est l’articulation symbolique qui concerne le psychanalyste. L’hallucination se détache de son appui symbolique pour vivre en autarcie. Si la recherche des hallucinations s’avère difficile chez le malade réticent, le clinicien descend dans l’arène avec l’intention de faire naître, installer et nourrir le transfert (http://www.rphweb.fr/details-les+etapes+du+transfert+dans+la+direction+de+la+cure+psychanalytique-136.html). Il faut signaler ici que, descendre dans l’arène, certes, mais pas pour la confrontation imaginaire, mais pour entendre, pour parler avec la bête féroce et obscène qu’est la résistance du surmoi ou l’Autre non-barré.

 

Enfin, si je pense que l’hallucination signe la schizophrénie, cela sous-entend un désaccord sur l’idée de trouver des hallucinations dans la psychose maniaco-dépressive. Dans la psychose maniaco-dépressive, il ne s’agit pas vraiment d’hallucination mais de pensées lancées par l’Autre non-barré au moi. Dans le cas de vraie hallucination, cette dernière s’impose de nulle part et le moi fort la fait sienne.

 

 

 

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