Le féminin et son lien avec la féminité (16)

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Le féminin et son lien avec la féminité (16)

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Fernando de Amorim

Paris, 27 avril 2018

 

 

 

L’interrogation de Freud dans son article sur la sexualité féminine commence par le détachement de la petite fille d’avec sa mère. Je pense que la voie du féminin commence dès la naissance de la petite fille. Il faut dire, avec Freud, que cette voie du féminin se passe « Dans la phase du complexe d’Œdipe normal ». En revanche, il faut signaler qu’il ne s’agit pas de délaisser le clitoris pour une nouvelle zone, le vagin. L’organe nommé clitoris est beaucoup plus riche en excitation pour une femme que ne l’est le vagin. Un tel argument à énormément pesé sur nombre de femmes qui pensaient être immatures simplement parce qu’elles n’arrivaient pas à avoir une jouissance vaginale mais uniquement clitoridienne. Quittons sans tarder la physiologie pour mettre en évidence qu’une femme jouit par où cela lui chante, c’est-à-dire, par les oreilles ou ailleurs. L’immaturité caractéristique de quelques femmes consiste à investir le clitoris comme représentant du phallus, du pouvoir imaginaire, en associant ainsi le clitoris comme un petit pénis, comme un substitut de l’organe mâle, comme le pénis qu’elles n’ont pas et qui les rend envieuses. Dans une telle perspective, la voie est ouverte pour la détresse, la haine et la désolation des femmes et les symptômes, angoisses et inhibitions qui viennent avec. Le vagin est l’orifice spécifiquement féminin et en faire usage, en accueillant ce qu’une femme n’a pas, la rend féminine. En acceptant le pénis comme objet de satisfaction et de jouissance temporaire, une femme construit une position Phallique, donc, un pouvoir symbolique. Cependant, avant d’accéder à ce Pouvoir, il lui faut d’abord se séparer du pouvoir qu’elle a gonflé tout au long de son existence. Rendre le tablier n’est pas suffisant, comme m’a dit une femme. Il faut se mettre à nue. C’est par le père que les femmes deviennent féminines. Les mères qui aident leurs filles à devenir femmes sont celles qui aiment être pénétrées par leurs maris. Une mère amoureuse comme une mère cruelle étouffent le désir de féminin de la fille. La cruauté n’est pas spécifique à la femme ou à l’homme d’ailleurs, mais à la résistance du surmoi ou de son bras verbal, l’Autre non barré (A), à distinguer du (A /) du pervers. Là où il y a une liaison forte au père, « il y avait eu auparavant, selon le témoignage de l’analyse, une phase de liaison exclusive à la mère, de même intensité et de même caractère passionné. ». Donc, il s’agit d’une désorganisation œdipienne de la fille, désorganisation dont les adultes, les parents dans l’exemple de Freud, sont responsables. Quand Freud écrit qu’il « fallait admettre la possibilité qu’un certain nombre d’êtres féminins restent pris dans la liaison originelle à la mère et ne parviennent jamais à se tourner véritablement vers l’homme », il faut signaler que nous n’avons pas ici affaire à des êtres féminins – weiblichen Wesen – mais à des êtres qui n’ont pas réussi à trouver le chemin vers leur condition féminine. Un être féminin c’est un être qui a réussi à se débarrasser de ses père et mère imaginaires. C’est à partir de cet acte de castration qu’elle peut devenir féminin et aller vers l’homme.

 

 

 

 

 

 

 

Les mères qui maltraitent leurs filles par la parole répondent à l’Autre non-barré. En laissant leurs filles se faire maltraitées sexuellement sans intervenir, seule la cure avec ces mères pourra nous indiquer si nous avons affaire à un Autre de la névrose, de la psychose ou de la perversion. En revanche, seule la psychanalyse, en tant que clinique de la castration, pourra aider ces filles, devenues, femmes, épouses, mères, à s’inscrire autrement dans leurs relation au monde. Il faut signaler au lecteur que, jusqu’à présent, l’Autre de la perversion n’avait pas de barre. A compter de cette brève, je différencie l’Autre bras verbal de la résistance du surmoi (A), de l’Autre de la perversion, représentée maintenant de la manière suivante : (A /), pour signaler que la Loi de la castration est à portée de main mais que, structurellement cela n’intéresse pas. Et pourtant, à la sortie de la psychanalyse, le pervers accepte d’être castré. En devenant sujet, la barre touche l’Autre qui l’habite (A/).

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