Une fin de non-recevoir ?

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Une fin de non-recevoir ?

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Fernando de Amorim

Paris, le 16 juin 2017

 

 

Madame le Ministre des solidarités et de la Santé,

 

J’ai été très honoré de votre réponse à mes félicitations pour votre désignation à ce Ministère.

 

Cependant, mes propositions de création des consultations publique de psychanalyse (CPP) semblent avoir reçue une fin de non-recevoir. Or, cette expérience conduite par une équipe jeune – dont tous les membres gagnent leur vie avec leur travail, travail consistant à écouter des personnes qui, au départ, sont sans moyen de payer une consultation en cabinet privé – ne demande pas d’argent à l’Etat.

 

J’ai bien noté que ce que dans ma correspondance je nomme « propositions » devient, dans votre réponse « observations ».

 

Il ne vous aura pas échappé, pas plus qu’aux membres de votre Cabinet, que « Le Quotidien du médecin » daté du 19 juin 2017, que la lutte contre les déserts médicaux et la santé mentale sont vos priorités. Je ne peux que m’en réjouir.

 

En revanche, dans cette même page 4 du « Quotidien », il est écrit que, face à la pénurie des spécialistes, les médecins généralistes pourront prescrire des séances de psychologie. Quelle erreur de stratégie clinique. Et cela commence déjà avec l’intitulé : « pour les jeunes de 6 à 21 ans » (Source : Syndicat National des psychologues). Comment grandir si, à 21 ans, la société qui l’entoure le juge encore jeune à 21 ans ?

 

Faut-il soigner les enfants de 6 ans, les jeunes femmes et jeunes hommes de 21 ans ? Bien sûr. Faut-il faire davantage pour rendre possible à un jeune clinicien de s’installer en libéral ? Bien évidemment. Cependant, cette manière de faire, pousse patient et jeune étudiant dans un rapport de dépendance qui n’est salutaire pour personne.

 

Un décret du 7 mai, autorise les médecins traitants à « prescrire des consultations psychologiques afin de prévenir la souffrance psychique chez les jeunes de 11 à 21 ans (Source : « Le Quotidien du Médecin). Ces consultations seront remboursées par la Sécurité sociale (sur les crédits du fond d’intervention régional), « dans la limite d’un forfait de douze séances » dans le cadre d’expérimentations. Douze ? Pourquoi pas 11 ou 13 ? Et passé ce chiffre, on rejette le jeune ?

 

Cette expérimentation ne prend pas en considération mon expérience.

 

Dans mon équipe, nous avons les jeunes pour faire ce travail à moindre coût économique et social. L’Etat a, de son côté, les bâtiments (salles des Mairies fermées après 17 heures, par exemple). Ce qu’il nous faut c’est une décision du gouvernement pour utiliser des locaux afin d’exercer ce travail d’accueil et d’écoute.

 

Ni les médecins, ni les psychiatres, ni les psychologues ne sont habilités à traiter les jeunes s’ils s’appuient uniquement sur leurs diplômes universitaires. Je vous invite à repenser la clinique par la base. Et la base est là : nous avons les psychanalystes, les étudiants et les bâtiments publics qu’il nous faut en France. Mettez en évidence l’expérience clinique et non le diplôme car s’il est une partie nécessaire à la formation il n’est en rien suffisant.

 

Ma proposition consiste à – avec le soutien des Services de l’Etat – mettre en place un projet pilote de la CPP sur une durée de 6 mois en Ile-de-France, solliciter les professeurs universitaires souhaitant participer au projet pour ouvrir la perspective aux étudiants qui le souhaitent de commencer à pratiquer sous supervision, dédier des lieux qui se prête à la pratique, demander aux écoles de psychanalyse d’assurer la cure personnelle des étudiants intéressés à qui il sera permis de conserver la moitié des revenus gagnés dans ces consultations.

 

Puis, faisons le point au terme des 6 mois.

 

Certain que vous serez sensible aux subtilités de l’écoute du désir inconscient,

 

Je vous prie de bien vouloir agréer, Madame le Ministre des solidarités et de la santé, l’expression de ma très haute considération.

 

 

 

 

                                                      Docteur Fernando de Amorim

 

 

 

 

 

 

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