Sortie de psychothérapie chez le psychotique

Retour

Sortie de psychothérapie chez le psychotique

cliquez sur les images pour les agrandir

Les bricolages de l’être de structure psychotique pour être dans le monde

Deuxième tentative de théorisation

 

 

Fernando de Amorim

Paris, le 22 juin 2017

 

 

 

Introduction

Le sous-titre met en évidence l’être de structure psychotique car ce qui fait souffrir c’est le symptôme, pas la structure. Cette remarque est valable pour la névrose et la perversion tout autant. Ce n’est pas pire « d’être psychotique », même s’il s’agit d’un choix auquel l’être participe activement. Ce n’est pas mieux « d’être névrosé ». Ces dires sociaux contaminent la lecture clinique mais n’apportent rien à la construction d’une solution existentielle pour l’être. En revanche ce que Freud et Lacan ont mis en lumière est, au jour le jour, d’une grande utilité. Que les psychiatres et psychologues boivent la tasse dans leur pratique est le résultat naturel de leur abandon des études freudo-lacaniennes.

 

Objectif : destruction

La relation d’un organisme vivant, pour devenir humain, commence par la parole, pas par le langage. Les parents de cet organisme vivant l’ont parlé, puis lui ont parlé. Ensuite, lui, a parlé.

 

Est-ce une première suppléance ? Je le pense. Oui, si le lecteur accepte de partir du principe que la parole vise à suppléer chez l’être parlant la volonté de contrer le désir qui l’habite de retour à l’inorganique freudien – la pulsion de destruction semble avoir comme dernier but, de transférer ou convertir (« überführen ») le vivant en état inorganique (« GW », XVII, p. 71 ; « Abrégé de psychanalyse, PUF, p. 8).

 

Pour quelques psychotiques, parler, travailler, écrire, est ce qui les maintient en vie, ce qui repousse la pulsion de destruction.

 

Ainsi, à partir de Freud et de Lacan, je propose de lire la suppléance comme l’action d’une entrée dans le monde du langage et de la parole. Comme évoqué dans ma brève « Sorties de psychothérapie possible chez le psychotique », j’avais organisé la suppléance, le quatrième nœud et le nom-du-père, comme bricolages réussis de la psychothérapie avec un psychanalyste. La possibilité d’une île et son extension, le tombolo, sont à repérer dans le cas de sortie de psychanalyse du psychotique.

 

Quelques psychotiques restent pris dans ce rapport au langage corporel et dans le registre supérieur du langage qu’est la parole. Ainsi, la parole vient suppléer la fonction végétative, animale, créant ainsi un lien social.

 

Dans le quatrième nœud, c’est le travail qui installe l’être dans le monde humain.

Dans le cas du nom-du-père, c’est l’écriture.

 

 

 

Bricolage

 

Mode d’exister dans le monde

Suppléance

Parole

Quatrième nœud

Travail

Nom-du-père

Ecriture

 

Le lecteur pourra objecter que la grande majorité des personnes parle. La différence est que, pour le psychotique, sa parole est portée par l’imaginaire gonflé. Ce gonflement lui permet de tenir, plus ou moins, la route de sa vie.

 

Le quatrième nœud, est une articulation imaginaire avec le travail, où le travail est tout, et « sans le travail, c’est le gouffre », comme a dit une dame, récemment.

 

Enfin, dans le cas du nom-du-père, l’écriture est articulée aussi avec l’imaginaire. L’être se voit écrivain, mais ne gagne pas sa vie avec son écriture, preuve que la lecture juste de l’articulation de l’imaginaire et du symbolique pour dévoiler aux autres êtres – son éditeur, ses lecteurs –, le réel, n’est pas au rendez-vous. Le vrai écrivain gagne sa vie avec son écriture, comme le psychanalyste gagne sa vie avec sa clinique. Différemment de celles et ceux qui rêvent plus « que n’a agi Napoléon » (Bureau de tabac, Fernando Pessoa, Œuvres poétiques, Gallimard, p. 364).

 

Bien évidemment, et comme le sous-titre indique, il s’agit ici d’une deuxième tentative de théoriser la sortie de la psychothérapie avec psychanalyste chez le psychotique.

 

Contactez-nous