Scansion et couture, paris 9

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Scansion et couture, paris 9

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Fernando de Amorim

Paris, le 20 février 2016

 

 

La scansion, dans la clinique à l’hôpital général ou psychiatrique, peut faire naître le transfert. Une fois le transfert né, c’est au clinicien de l’installer au cœur des rencontres cliniques. Le transfert s’installe si le clinicien se laisse être mis dans la position de strapontin par l’être qu’il écoute ; et si l’être – dans la position de malade, de patient ou de psychanalysant – à son tour, se laisse emporter aussi par les associations libres.

 

Le fait que les deux protagonistes se laissent emporter par le transfert, nourrira celui-ci jusqu’à la dernière séance.

 

La tendance du désir est d’emporter, celle du transfert est de porter. Le désir emporte de la vie vers la mort, le transfert porte, donc il est, pour un temps déterminé – le temps de la cure –, le seul point d’appui ou de soutien, plus ou moins direct, de quelqu’un.

 

Ainsi, pour faire naître, installer et nourrir le transfert, il nous faut des scansions qui tirent vers l’avant et qui rectifient la direction de la cure.

 

La scansion vise la reconnaissance du désir de l’Autre, barré ou non car, pour que l’être puisse devenir sujet, il devra s’affranchir du désir de l’Autre, qu’il soit barré ou non. Cela ne signifie pas qu’il construira un Autre pour lui. Il aura toujours celui qui l’habite, barré ou non. Cependant, il aura la responsabilité de dialoguer avec le désir de l’Autre, barré ou non. Après sa psychanalyse, il ne sera plus son cerbère. Il aura son mot à dire. Et plus ses maux à faire.

 

La scansion de l’être psychotique coud les parties du moi dissocié. Dans la clinique, la scansion vise cette couture qui consiste à percer avec l’aiguille du kiai le moi, percer le corps et tirer le fil des associations libres quand l’être dit prendre soin de son corps, se laver, s’habiller avec soin, chercher du travail, améliorer sa condition sociale.

 

Quand le moi appuie l’Autre barré, le clinicien a l’autorité pour scander. Quand le moi, qui en soi est l’autre nom du symptôme, défend une autre partie de lui-même, le clinicien se voirt dans le devoir de descendre dans l’arène, de montrer son désaccord.

 

Qui lève la séance c’est le discours de l’Autre barré, confirmé par le clinicien, appuyé par l’être.

 

Parfois, la séance devait être levée comme acte matérialisé de la scansion et le clinicien a raté le coche. La suite, produit un enlisement, comme si le bateau de la cure naviguait sur de la mousse. Cet effet est dû à la faute technique du clinicien et n’a rien à voir avec l’effet d’erre, de glissade, comme effet de la castration produite par la séance.

 

La scansion est un élément majeur de la clinique psychanalytique française. Il est malheureux de voir que les ipéistes n’en fassent pas usage dans leur clinique. Beaucoup de difficultés cliniques pourraient être dénouées dans les discours caractéristiquement répétitifs, ennuyeux, avec la scansion.

Ces discours sont fabriqués avec la patte du moi pour servir à la résistance du surmoi. Or, sans toucher à la résistance du surmoi, il n’y a pas de clinique mentale possible.

 

 

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