Quel est l’impact de la téléréalité sur les ados ?

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Quel est l’impact de la téléréalité sur les ados ?

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La téléréalité est le propre d’une époque où la culture, l’intelligence, la créativité laissent place à ce que l’humain a de plus passionnel. L’amour, la haine, la jalousie, la tricherie, la séduction. Si la télé reflète l’image, la réalité reflète l’image de tout un chacun. Dans les deux cas, de toute évidence, le désir de savoir, les valeurs qui ont été mises en évidence depuis les grecs, les romains et les humanistes n’ont plus droit de cité dans cette logique.

 

Est-ce une mauvaise chose ou une bonne chose que les adolescentes et adolescents soient accrochés à des personnages de téléréalités ?

 

Je me sens incapable de le dire. Non pas parce que je n’aurai pas un avis, mais simplement parce que mon avis compte tellement peu qu’il ne mérite pas d’être écrit.

 

En revanche, pour mes adolescents, pour les jeunes cliniciens qui viennent se former à la clinique avec moi, c’est-à-dire, des gens pour qui mon avis peut être entendu, je ne me gêne pas de les renvoyer sur ce que l’humanité a de meilleur : Aristote, Platon, Xénophon, Plutarque, Cicéron, Madame de la Fayette, La Fontaine, Céline, Marguerite Duras, Marguerite Yourcenar, Louise Labé… et la liste est, fort heureusement, longue. La langue française offre tellement de choix d’un monde que tout un chacun peut y trouver nourriture.

 

Pour quelle raison la téléréalité trouve-t-elle son public ? Parce que les adultes sont des abrutis. L’exemple qu’ils donnent est celui d’une vie minable, sans ambition, sans perspective.

 

Avec Internet, nous avons accès à des documents et à une immense possibilité d’apprendre, et nous, les adultes, nous nous contentons de peu. La téléréalité rend la vie pauvre, fantasmagorique. Au contraire d’aider les jeunes à être critiques vis-à-vis de la vie qui les attend, les adultes les laissent devant le poste de télévision à voir des choses qui ne nourrissent chez eux que la petitesse, la bassesse et la mesquinerie humaine.

 

Est-ce utile pour une vie, la téléréalité ? Bien évidemment non.

 

Elle fait entrer les jeunes dans l’intimité de gens qui, par l’appât financier, exposent la misère de leur existence.

 

Bien entendu, une telle expérience est née aux Etats-Unis. Pour une société qui porte le respect de l’être humain à un niveau supérieur, exposer l’autre par l’image et par le dévoilement de la vie intime ouvre les vannes à d’autres initiatives du même pedigree. Mais avec Internet, à un niveau mondialisé.

 

Comme tant de mots dont accouche la langue française, le mot pedigree était pied de grue, pour signaler l’arbre généalogique de l’animal. Les anglo-saxons l’ont transformé en pedigree et au 19e siècle, le mot est revenu en France anglicisé.

 

Ce n’est donc pas d’aujourd’hui, que ce qui est poésie devient prosaïsme, que ce qui est vie devient artifice.

 

Ce n’est ni bon ni mauvais, la téléréalité. Elle indique simplement une manière pauvre d’être en vie.

 

Invitons les jeunes à aller à l’école, à apprendre à parler le français, à danser avec le réel et pas avec une fausse vie de faux personnages.

 

 

 

 

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