Psychanalyse sans désir à Paris

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Psychanalyse sans désir à Paris

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La satisfaction sexuelle évoquée par Freud nous indique que l’être utilise la force pulsionnelle pour ériger le phallus. Et cette érection puise sa puissance dans l’imaginaire. Cette vérité première de la clinique freudo-lacanienne est négligée par les médecins et par les chirurgiens.

Ce qui est étonnant c’est que les praticiens du champ psychique – psychiatres, psychologues, psychothérapeutes, sexologues – tombent dans le même travers.

Les psychistes devraient être plus avisés mais ils ne le sont pourtant pas. Pour quelle raison ? Parce qu’ils résistent. Pas à la psychanalyse, mais à leur propre désir. Pas à la psychanalyse parce qu’il y a une foule de séminaires, de groupes de travail, de congrès en France et maintenant un peu partout dans le monde au nom de la psychanalyse. Cependant, parler, étudier, discuter la psychanalyse sans le désir, accouche et forme une connaissance et non un savoir. Beaucoup de personnes veulent être psychanalystes, mais dès qu’elles le peuvent, elles fuient le divan. Cette expérience accouche des psys, des psychothérapeutes, des analystes.

C’est un psychanalysant qui vous écrit.

Je reconnais que les psys résistent à leur désir, les analystes aussi. En tant que psychanalysant, je signale simplement que je n’ai pas fichu le camp. Je suis toujours à mon rendez-vous psychanalytique. Cela ne fait pas de moi quelqu’un de supérieur en rapport au psychologue et au psychiatre, ou même au membre du RPH qui résiste à avancer ou qui choisit d’investir sa libido à donner à bouffer à son symptôme et ne pas alimenter son désir. Aucune différence entre eux et moi. La différence est que j’ai trouvé un chemin qui est bon pour moi et que j’accepte de payer le prix, pas si élevé d’ailleurs, pour vivre.

Le psy se mobilise avec l’analyste et bras-dessus bras-dessous, contre le DSM, contre les psychothérapies, contre Accoyer et son amendement. Ca a fait un mouvement très populaire, presque attrape-populace. Mais, en fin de comptes, et pour ce qui est de ton désir ? Voilà ma question. Pour s’engager avec son désir, et allumer le feu, comme a écrit Madame de Truchis de Varennes, il faut suivre l’indication première de Freud de la psychanalyse sans fin pour le psychanalyste. J’ai repris le flambeau et depuis peu, je pense avoir été entendu par quelques universitaires, mais de travers. Ils demandent aux étudiants d’étudier la psychanalyse à vie, mais ne pipent mot sur la proposition d’être psychanalysant à vie. Nous voilà retombés dans la même logique négligente du désir.

L’être se rend malade, se rend fou, se sabote. Devenir psychiatre-psychanalyste, thérapeute comportemental, faire des thérapies analytiques et tant d’autres dispositifs nommés de ces manières si parlantes, viennent nous indiquer que chez eux, chez ce gens là, comme dit Brel, à un moment donné, un refus s’est installé de ne rien savoir sur leur désir. Je ne souhaite pas prendre cette voie. Je dis cela à tous ceux qui me caressent dans le sens du poil, qui m’invectivent, qui me regardent aves leurs yeux doux ou larmoyants.

Je pense à ce monsieur, Didier Pleux, le directeur de l’Institut Français de thérapie cognitive dont j’ai lu le livre, Le livre noir de la psychanalyse, qui écrit que lui aussi a fait une psychanalyse « J’avais fait une psychanalyse ». Moi, en tant que psychanalysant je repère mes frères de discours, ceux qui sont en psychanalyse, ceux qui ont traversé ou pas une psychanalyse.

A un moment donné dans son recueil de sympathies à l’encontre de mon Freud, pour se présenter il dit qu’il a fait une psychanalyse.

Il y a un statut imaginaire. A vrai dire imaginaire, symbolique et même réel. Il signale ça pour dire qu’il a été pris par le filet de la psychanalyse, par le signifiant. D’autres disent : « Je suis psychologue, je fais des thérapies de groupe et je suis psychanalyste ». Ca peut s’enchaîner avec quatre ou cinq adjectifs et à la fin, le signifiant précieux, le signifiant psychanalyste.

C’est toujours la psychanalyse derrière ou même devant. Je pense à un crétin qui vient de m’envoyer un mail « Parfois j’ai honte d’être psychanalyste ! ». Il a honte d’être psychanalyste parce qu’il n’est pas psychanalyste tout simplement.

Il écrit ça pour convaincre l’autre qu’il est psychanalyste. C’est un stratagème. « Je suis psychanalyste », il le dit et répète tellement que ça finit par rentrer dans la tête de son interlocuteur. La sienne et du voisinage imaginaire. Son désir de devenir psychanalyste est évident, mais il ne veut pas payer le prix pour occuper cette prestigieuse position clinique.

Cette prestigieuse position de psychanalyste est possible si, en parlant librement ses pensées, son corps, ses rêves sur le divan, en assurant des groupes d’étude, en faisant des supervisions, en apprenant à parler en public et en ne se contentant pas de son inhibition, de son angoisse et de son symptôme, le lecteur s’estime disposé à goûter au fruit défendu, l’autre nom du désir de savoir.

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