Mise au point par la parole bien dite, uniquement.

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Mise au point par la parole bien dite, uniquement.

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Fernando de Amorim

Paris, le 31 mai 2018

 

 

Je reçois, il y a quelques instants, un appel téléphonique des plus charmants. Un Monsieur, sans aucun doute plein de bonnes intentions – commerciales –, me demande l’autorisation de nettoyer ma page Internet des avis négatifs sur ma personne, mon travail ou la couleur de mes cheveux. Il me dit, je le cite, « à cause de ses avis négatifs, votre site est en quatrième page, or, si je le nettoie, vous serez en deuxième, voire en première page ! ». Je le remercie de sa gentillesse de m’avoir interrompu dans une brève, une autre, la vingt-septième, sur « Le féminin et son lien avec la féminité » – où justement, je parle du phallus imaginaire et de sa consistance merdique – et que son offre ne m’intéresse pas car, l’objet de ces délicieuses personnes, est de salir ma réputation, de me chier dessus, comme nous disons de manière familière, et que je me refuse de rentrer dans une logique imaginaire où la populace contemporaine fait et défait des honneurs par délation et fausses informations dans les réseaux sossiaux, comme j’aime écrire, pour signaler leur niveau. Avant on les appelait des corbeaux, aujourd’hui ce sont des personnes qui écrivent des méchancetés depuis l’obscurité de leur existence – et de leur intelligence – car, s’ils y avait une once de courage chez elles, elles prendraient rendez-vous auprès de ma secrétaire pour venir tirer leur haine au clair, en psychanalyse. Comme j’ai déjà eu l’occasion de le dire à l’une d’entre ces personnes qui ne manquent pas de me signaler que quelques-uns parlent mal de moi sur les réseaux sociaux ou sur Internet, je me refuse catégoriquement à mettre un seul centime dans un dispositif où des gens parlent sous le couvercle du secret, d’un professionnel de santé, surtout que cela va ouvrir la voie à un nouveau métier : celui de gens qui vont salir pour venir proposer de nettoyer. Cependant, le plus intéressant, c’est que ces mêmes personnes qui viennent me signaler qu’on parle mal de moi, de mon travail ou de l’absence de beauté de mes oreilles, ne prennent pas leur même temps pour me défendre publiquement. Assez dit lecteur. Je retourne au silence de la clinique et j’attends que les personnes qui salissent, nettoient elles-mêmes. Ce n’est pas pour moi un problème d’être souffrant ou malade mentalement, le problème est de faire usage de cet atout pour faire gicler – la haine, la tristesse, le désespoir – sur l’autre, en l’occurrence, l’auteur de ses lignes.

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