Les pieds de l’enfant dans la flaque d’eau dormante

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Les pieds de l’enfant dans la flaque d’eau dormante

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Fernando de Amorim

Paris le 20 mars 2018

 

 

 

Le 18 décembre 2017, j’ai reçu dans ma boîte aux lettres un « Appel à communications : la radicalisation dans la clinique ». Le 19 décembre, j'envoie une proposition. Aujourd'hui, le 20 mars 2018, je reçois le mail ci-dessous : 

Le : 20 mars 2018 à 10:06 (GMT +01:00) De : "Clinique Radicalisation" <clinique.radicalisation@gmail.com> À : "Fernando de Amorim" <f.dea@wanadoo.fr> Objet : Re: communication

Bonjour,

 

Nous vous remercions pour l’intérêt porté à nos Workshops, et pour votre proposition de communication qui est très intéressante.

 

Toutefois, au vu des nombreuses propositions reçues, nous regrettons de ne pas pouvoir la retenir.  

 

Nous vous prions d’agréer nos meilleures salutations et nos plus sincères sentiments,

Cordialement,

 

Le comité d’organisation

 

 

Ci-dessous, mon mail :

 

Le 19 décembre 2017 à 20:16, Fernando de Amorim <f.dea@wanadoo.fr> a écrit :

Chers Collègues,

Voici ce que votre appel à communications dans le cadre des Workshops préparatoires m'a inspiré comme réflexions.

Restant à votre disposition pour en parler avec vous à votre convenance,

Cordialement

F de A

 

Et enfin, mon texte : 

 

 

Appel à l’audace

 

Fernando de Amorim

Paris, 19 décembre 2017

 

 

La situation de la radicalisation exige des cliniciens des prises de position claires dont les psychologues et psychiatres sont bien loin de pouvoir prendre, puisque ce sont eux, uniquement, à être cités dans votre projet. Pas un mot sur l’énorme contribution que peut apporter la psychanalyse et les psychanalystes à la clinique des personnes radicalisées.

 

Pour que la voix des psychistes – psychologues et psychiatres – soit entendue par les autorités publiques, il est essentiel d’affiner le discours clinique avec le soutien des psychanalystes. Et cela demandera du courage.

 

Est-il possible de parler de sujet quand nous faisons référence à des personnes radicalisées ? Bien évidemment non, si nous suivons les indications de ma cartographie, celle intitulée « Cartographie du RPH ».

 

Mais loin de désespérer, nous devons, c’est même notre fonction, proposer une prise en charge claire. Elle est possible, bien évidemment, à condition que, armés d’hardiesse, les psychiatres et psychologues puissent assumer une position psychanalytique, mot qui semble tenu pour gros dans la présentation de ce projet, projet qui ne peut être mis sur pieds et se tenir debout qu’en France. Et cela par l’excellente qualité de ses psychanalystes, de ses universitaires, de ses institutions. Si nous mettons en place des dispositifs opérationnels, d’autres collègues dans le monde tendront une oreille à l’expérience française et en feront usage parce qu’elle sera une réponse concrète construite à partir de la clinique et non d’opinions.

 

Des avenirs dépendent donc la réussite de ce projet.

 

« Où suis-je ? », interpelle le personnage de la maquette de l’appel à communications. Cette question est au cœur des êtres qui souffrent et qui, face à la douleur, abandonnent toute possibilité de vie civilisée et passent à la sauvagerie la plus humaine.

 

Dans le cas de la radicalisation, il ne s’agit pas de symptomatologie inédite, pas de suppléance non plus. Le compte est encore loin.

 

Il ne me semble pas nécessaire de remanier les repères théoriques, il faut les utiliser, de commun accord avec les cliniciens concernés, avec la mise en place des dispositifs nouveaux, comme est le cas de notre expérience à la CPP-Paris IX.

 

La situation exige l’invention de nouveaux styles. Le style nouveau naîtra dans la clinique avec l’appui des aînés et le désir du psychanalyste qui est latent chez des jeunes étudiants en psychologie et en psychiatrie.

 

C’est à partir du moment où nous serons d’accord d’assumer la psychanalyse freudo-lacanienne que nous pourrons parler de transfert, d’autorité du transfert, de la radicalisation comme d’une forme actuelle de dénégation, de déni, voire de forclusion. C’est l’habit qui est nouveau, pas l’être du langage et de la parole qui le porte, avec ou sans voile.

 

Si nous refusons de mettre en place un projet sans donner la parole aux psychanalystes, je crains que ce magnifique projet n’avorte ou naisse lourdement handicapé et donc impropre à gérer le raz-de-marée libidinal qui pousse une partie de la jeunesse à ne voir d’avenir que dans la haine et la destruction.

 

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