Le féminin et son lien avec la féminité (9)

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Le féminin et son lien avec la féminité (9)

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Fernando de Amorim

Paris, 16 avril 2018

 

 

 

Freud, en mettant en évidence que l’enfant s’appelle, « tout comme le pénis, le “petit” »[1], il nous faut introduire ici l’adulte qui met en place une lecture, une cartographie du réel, trompeuse pour l’enfant. La langue symbolique, comme il écrit[2], n’est pour rien dans l’affaire puisque rien, à part le fantasme, l’ignorance ou le désir méconnu par l’adulte, peut justifier qu’il nomme le pénis de l’enfant de « petit », de « zizi » ou de « popol », tout comme de surnommer l’enfant en éludant son prénom. Une femme qui veut le pénis de l’homme est prise par la féminité car, un l’être de sexe féminin, veut le pénis le temps où ce dernier peut lui être utile pour sa jouissance à elle. Détail important, il faut qu’il soit dur car elle n’a rien à faire d’un pénis mou. Je distingue donc, le symptôme voilé par la volonté, voire le désir de pouvoir, et une position normale de l’être féminin appuyée par le désir d’être pénétrée, pas comblée, par le pénis en érection. A la fin de sa jouissance, elle se désintéresse complètement de l’organe, du corps qui lui a procuréla jouissance. Il ne reste que l’amour. S’il est possible d’introduire l’infortune accidentelle[3], le destin ou la mauvaise rencontre, il faut dire qu’en prenant cette voie, il sera très compliqué de dévoiler ce qui fait souffrir une femme dépourvue de sa condition féminine. Je pense que sa souffrance est due au fait que l’adulte familial, social, l’Autre non-barré, l’installe dans une position inférieure car ne possédant pas un sexe masculin. L’envie de pénis[4] – toujours entre guillemets, on dirait que Freud répond à son interlocuteur, mais qu’il n’y croit pas trop –, n’est qu’un symptôme, à savoir, la concentration libidinale d’une souffrance qui se règle, si l’être désire se séparer de ce symptôme, sur le divan. Ce symptôme peut être un symptôme pervers, psychotique, ou un symptôme névrotique[5]. Le souhait d’avoir un enfant peut donc être une volonté de combler un manque, non pas de pénis, mais de phallus. Les médecins, les politiciens, en appuyant la volonté des adultes, indépendamment de leur genre, de faire des enfants – quand le réel dans le corps signale que, tout d’abord, il faut que lesdits adultes s’approchent de leur désir –, ne rendent service ni auxdits adultes, ni à l’enfant naissant. Suis-je contre ces démarches de notre modernité ? Ma réponse est clinique, c’est-à-dire, qu’elle se limite au champ du transfert.

 

Un être qui croit, ou qui a la certitude « que la nature a donné l’enfant à la femme comme substitut de cette autre chose qu’elle était forcée de lui refuser »[6], n’est pas encore prêt à occuper une position féminine. Cet êtrepourra utiliser mille astuces symptomatiques pour porter le phallus, mais ce dernier aura toujours le statut d’imaginaire. Il n’y a pas de féminin sans castration. La vie amoureuse prise par la féminité s’identifie au narcissisme masculin, à savoir, le pénis. Dans la féminité, la femme se comporte en porteuse du phallus imaginaire. Bien évidemment, le narcissisme est aussi à la base de la position féminine, cependant, il, le narcissisme, sert à nourrir le manque comme érotisme propre à sa condition, féminine. La position féminine attire par le manque Phallique (Φ), la féminité par la présence phallique (φ). La féminité se caractérise par « un morceau de la masculinité narcissique de la jeune femme »[7]. L’usage du mot « morceau » n’est pas anodin. La visée phallique dans la féminité et de ses acolytes, à savoir, la position de femme phallique, fatale, fille-garçon, garçon manqué, est de mettre « hors d’état de nuire »[8], ce n’est pas une formule légère, « la fonction sexuelle féminine »[9]. Il s’agit ici d’un combat qui, au contraire d’être traité par des conseils, interventions chirurgicales ou des décrets, devrait être approché sur le divan.

féminin

1896a (1) p.58-59, (2) p. 120 : l’hérédité et l’étiologie des névroses

1896b (1) p. 62, (2) p. 124 : nouvelles remarques sur les psychoses de défense

1905d ; p. 161-62 n.1 de 1915 : trois essais sur la théorie de la sexualité

1908a p. 154 : les fantasmes hystériques et leur relation à la bisexualité

1910c (1) p. 112, (2) p. 121 : Un souvenir d’enfance de Léonard de Vinci

1913i ; p. 194 : La disposition à la névrose obsessionnelle

1914d (1) p. 134, (2) p. 102 : Contribution à l’histoire du mouvement psychanalytique

1916-17 ; p. 307 : Introduction à la psychanalyse

1918a p. 75-76 : Le tabou de la virginité

1919e ; p. 231 : Un enfant est battu

1928b (1927) p. 170 : Dostoïevski et le parricide

1930a ; p. 58.n. 1 : Malaise dans la civilisation

1931b ; ; p. 143; p. 150-51 : Sur la sexualité féminine

1933a ; (1932) p. 140; p. 155-56; p. 171-72-73; p. 175-76 : nouvelles conf. d’introduction à la psychanalyse

1937c p. 267 : l’analyse avec fin et l’analyse sans fin

1940a (1938) p. 59 : abrégé de psychanalyse

1950a (6 12 1896) p. 158 : la naissance de la psychanalyse

1976 p. 253 : minutes société psychanalytique de vienne (I) et de la cocaïne

1978a (23 2 1910) p. 421-22 : Minutes (II)

 

féminité

1905d p. 164 : 1905d ; p. 161-62 n.1 de 1915 : trois essais sur la théorie de la sexualité

1913i p. 195 : la disposition à la névrose obsessionnelle

1915c ; (1) p. 35-36 ou (2) p. 179 : Pulsions et destins des pulsions

1933a (1932) p. 141 : Nouvelles coférences d’introduction à la psychanalyse

1937c p. 266-67 : : l’analyse avec fin et l’analyse sans fin

1950a (14 11 1897) ; p. 237 : la naissance de la psychanalyse

1960 (23 10 1883) p. 87.; (15 11 1893), p. 87 : correspondance

 

 

LACAN

 

Féminin

 

Sem 6 : 4 3 1959 : horreur de la féminité

Sem 14 : 24 5 1967: jouissance féminine

Sem 17 : 20 5 1970 : jouissance féminine

Sem 18 : 17 2 1971 : élucubration féminine

Sem 20 : 9 1 1973 : jouissance féminine ; jouissance supplémentaire : 20 2 1973

Sem 20 : 10 4 1973 : jouissance féminine (infini)

 

 

Féminité

 

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[1] Freud, S. (1915), Des transpositions pulsionnelles, en particulier celles de l’érotisme anal, Volume XV, 1916-20, puf, 2002, p. 57.

[2] Ibid.

[3] Ibid.

[4] Ibid.

[5] Ibid.

[6] Ibid.

[7] Ibid., p. 58.

[8] Ibid.

[9] Ibid.

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