Le féminin et son lien avec la féminité (25)

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Le féminin et son lien avec la féminité (25)

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Fernando de Amorim

Paris, 16 mai 2018

 

 

 

La voie féminine se dessine dès le début de la vie de l’âme humaine. C’est mon interprétation du texte de Freud. La féminité quant à elle, est une forme de signalement du trouble produit dans cette voie par le désir de l’Autre et la manière que l’être a trouvé pour s’inscrire dans la vie, tant bien que mâle car, pour éviter la masculinité, quelques filles trouvent dans la féminité l’arme pour avoir et ainsi être. Dans ce sens, la récusation de la féminité, que Freud reconnaît comme comportement à l’égard du complexe de castration, concerne aussi les femmes. Quelques-unes n’arrivent pas à distinguer le jeu de féminité nécessaire pour la jouissance féminine et pour la jouissance de leur partenaire – position Phallique du féminin –, de la féminité hors acte sexuel pour la jouissance et tous les partenaires de son imaginaire – place phallique de la féminité. Face au refus d’être castrée, l’être cède de toute possibilité de vie sexuelle, s’installant ainsi, dans une position fortement imaginaire. L’en déloger, avec son accord bien évidemment, donc en psychanalyse, n’est pas une mince affaire car en trouvant la solution Penisneid, elles deviennent analystes. Dans une telle place, elles ont le pouvoir de porter et de représenter par le phallus imaginaire. La grenouille de Monsieur de La Fontaine est presque devenue bœuf. Aucune fille n’aspire à la masculinité, son moi si. Ainsi, c’est surtout dans l’appareil psychique que le psychanalyste doit trouver les éléments cliniques pour sortir l’être d’une position existentielle inconfortable et construire, avec elle, la possibilité d’être féminine sans avoir la nécessité de se travestir. Dans la phase phallique, le moi de la petite fille veut se compléter car il n’a jamais été complet. Le moi est un amas de lecture erronée du réel, et le semblant de lecture juste qu’il possède se nomme réalité. Le développement qui mène à la féminité est, pour ainsi dire, une solution de complétude. Le destin de la féminité est une autre forme d’aliénation qui tient la femme dans une lecture de la réalité selon son vécu infantile. Cette édification de la féminité, comme le dit joliment Freud, est un château de cartes. Il faut, pour toucher du doigt le semblant du maquillage, voir l’horreur d’un homme se réveillant au matin aux côtés d’une femme rencontrée, maquillée, la veille. La féminité est en soi une récusation du manque caractéristique de la position féminine. En d’autres termes, l’être s’accroche à la féminité pour ne pas vivre l’angoisse de castration. C’est à partir du tour clinique que le moi fera de cette angoisse en psychanalyse qu’il pourra supporter le manque et construire sa position féminine. A la fin de sa vie, dans les conditions connues, Freud continue à examiner « la position œdipienne féminine ». Il est question ici du choix féminin. Il écrira : « Elle choisira ensuite son mari en fonction des qualités paternelles et sera prêtre à reconnaître son autorité. ». Aujourd’hui, après les lumières jetées par Lacan sur l’œuvre de Freud, et à partir de ma clinique, il m’est possible d’affirmer qu’elle cherche les qualités de son mari : phallique imaginaire quand elle n’a pas fait le tour de sa féminité, Phallique symbolique quand elle s’installe dans son rapport dans sa vie sans plus se référer à papa, maman ou à mari. L’autorité qu’elle reconnaît est celle de son Phallus, celui qu’elle a construit après des années de déblayage sur le divan.

 

Freud, S. (1937), L’analyse finie et l’analyse infinie, Œuvres complètes, Volume XX, 1937-39, puf, Paris, 2010, p. 53.

Freud, S. (1938), Abrégé de psychanalyse, Œuvres complètes, Volume XX, 1937-39, puf, Paris, 2010, p. 288.

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