La souffrance psychique

Retour

La souffrance psychique

cliquez sur les images pour les agrandir

Parler de maladie mentale ou de maladie psychique ne dit pas le nom de la souffrance de l’être humain, de l’être qui parle. Et cela, selon moi, est dû au bricolage fait par les médecins, à commencer par Pinel, pour transposer la logique des maladies organiques aux maladies mentales.

Le moment est venu de refaire les bases de la lecture de la souffrance humaine à partir de la clinique psychanalytique. Le cas contraire, nous allons continuer la logique qui à nourrit jusqu’à présent psychiatre biologie, qui a accoucher de la psychologie et qui à donner naissance à des avortons nommé TCC jusqu’au dernier né le DSM.

Je propose qui nous puissions laisser la maladie pour les médecins. J’entends comme maladie les altérations de l’état de santé lésionnels dus à des causes biologiques ou externes et comportant une évolution. Quant aux psychanalystes, qu’ils s’occupent des souffrances psychiques, corporelles et organiques. Les psychiatres, les psychologues et les psychothérapeutes, je les invite à devenir des psychanalystes ou à montrer la spécificité de leur discipline. Bien entendu, je pense qui les psys sont utiles socialement. Ils sont utiles à prescrire des médicaments, quand ils sont psychiatres, à écouter sans savoir très bien où se trouve le nord parce que leur boussole – TCC, hypnose, gestalt et tant d’autres – est parasitée dès que le patient rencontre le psychologue clinicien, comme ils se nomment. Le psychothérapeute, en installant la psychothérapie à une place et non à une position, est dans une logique aussi sans issue. De là mon aimable invitation : qu’ils rencontrent un psychanalyste pour assurer leur cure personnelle, au risque de faire sombrer la cure pour laquelle ils sont payés pour assurer la responsabilité d’excellente conduite.

Gardons le mot malade pour une position subjective bien précise de l’être. Dans la position de malade, la personne est atteinte dans son organisme ou internée dans une institution médicale, psychiatrique ou chirurgicale.

L’indifférenciation entre psychique, corporel et organique a été néfaste pour les psychistes, à savoir, les psychiatres, psychologues, psychothérapeutes. Il est possible de lire dans le dictionnaire de médecine de Littré et Robin, de 1878, à propos de l’aliénation, mentis alienatio, ce qui suit : « On admis longtemps qu’il n’y a aucune lésion organique appréciable et constante dans les aliénations, au moins au début et pendant une bonne partie de leur durée, que par conséquent les lésions trouvées à la fin sont le résultat et non la cause de l’affection ; mais il y est aujourd’hui prouvé dans toutes les formes de folie, qu’avec les troubles psychiques coexistent toujours de lésions somatiques, suivant l’expression reçue. Dans le délire de l’anémie et dans celui de la méningite, avec les changements dans l’état normal de réplétion des vaisseaux, de cours du sang, surviennent des modifications dans la structure de cellules nerveuses, que constate le microscope ». De là l’importance que le psychanalyste soit au plus près du médecin hospitalier ou du médecin pratiquant en ville.

J’insiste : Pour repenser la clinique des souffrances psychiques, il faut d’abord mettre fin à cette terminologie maladie mentale. De là ma proposition de souffrance mentale ou psychique et non plus maladie mentale.

La clinique mentale fait référence à l’esprit. Notion étymologique existant depuis le milieu du XIVe siècle. Si le mot mental est utilisé dans le Littré et Robin de 1878, l’allemand utilise le mot psychisch (psychique ou psychologique) et non geistig ou geistige (mental), par exemple.

Nous trimbalons ces usages encore aujourd’hui. Usages inadéquats car transposant au champ du psychique, du mentale, des pensées, des fantasmes, des délires, une logique qui est convenable à la biologie et à la clinique vétérinaire, et parfois transposable à la clinique humaine.

Tout cela était nécessaire avant La psychanalyse. Maintenant, il nous faut prendre en considération la présence de la psychanalyse dans le paysage scientifique, sa lecture de l’inconscient et son examen du désir humain.

 

Qui appartient au psychisme, qui concerne l'esprit, la pensée. Synon

 

Pour quelle raison il est venu vers le psychanalyste ? Parce que ce dernier n’avait jamais lâché sa position, à savoir, ni celle du transfert ni celle de la technique de l’écarteur. Dans l’accalmie comme dans la tempête, le psychanalyste était à son poste, et cela quand le jeune homme était sur le divan, en psychanalyse, ou quand il est revenu après que sa mère, avec ses raisons à elle, avait poussé le bateau de la cure vers le fond.
Dionysos :
« Toi, ta folie et tes blasphèmes. » .

Dans ce discours il y a le mensonge argutie du dieu et la folie et la blasphème du mortel.

Travaillons donc, ce que dit Penthée au dieu : Il laisse entendre que le dieu doit réparer ses mensonges à lui, au dieu, car elle est riche d’un raisonnement extrêmement subtil.

La position du grand Autre, je veux dire, quand le grand Autre parle par la bouche du psychanalyste il peut sortir des mensonges chargés de raisonnement extrêmement subtil (la définition d’argutie). Cela n’a pas échappé à Freud que disait que, quand on est médecin on ment. On ne ment pas pour se protéger – dans ce cas de figure nous serions dans le registre de l’erreur technique, du manque d’éthique ou de la faute morale. Penser qu’un clinicien ment pour se protéger serait la croyance première des innocents. On ment pour protéger la thérapeutique, pour qu’elle puisse continuer, pour que le moi du patient ou du psychanalysant ne se laisse pas emporter pas le désespoir qu’il n’arrivera pas à bon port. Ce mensonge a un appui clinique mais que le psychanalysant ne repère pas car il est noyer par la douleur. C’est ça le mensonge du grand Autre. Il ment parce qu’il n’est pas complet, parce que quelque chose du réel lui échappe et donc il comble, avec ce qu’il ne sait pas. Donc il faut distinguer le mensonge du grand Autre et le mensonge du petit autre. Quand le petit autre ment il a l’intention de manipuler ou d’exercer un pouvoir sur son semblable. Le mensonge est supporté, voire toléré par le tissu social. Le mensonge aide à tisser les liens sociaux. Il est même utilisé pour tisser la vie civilisée. Sans le mensonge, sans le semblant, pas de tissu social. L’inconfort est que le poids du trop de mensonge déchire le tissu social. Et dans une telle perspective, même une autorité en communication et en publicité aurait du mal à contenir la foule avec ces formules chocs et ses discours hypnotiques misent dans la bouche de nos politiques.

Dès que la population sent dans le réel, je pense au pouvoir d’achat, c’est-à-dire, à la quantité de biens et de services que l’on peut acheter avec une unité de salaire, que la parole, donc du champ du symbolique, que le message envoyé par les gouvernants ne touche pas, ne produit pas pour la population d’effet dans leur relation à une danse possible avec le réel, nous avons les éléments nécessaires pour que l’imaginaire se gonfle et produise un effet contagieux de révolte.

Etudions ce que dit le dieu au roi Penthée : Il lui demande d’expier sa folie et ses blasphèmes. Nous savons que le délire est une tentative imaginaire de se soigner, de s’apaiser en quittant la relation au réel, au monde, à sa vie.

Comment ce dieu vengeur peut attendre que le roi expie sa folie ? Le verbe expier suppose réparation en subissant ou en s’imposant une souffrance, en payant pour une faute. Nous savons que ce qui est reproché par le dieu au roi Penthée est que ce dernier ne le reconnaît pas comme dieu.

Maintenant étudions l’expression « expier ses blasphèmes » : Nous savons que l’insulte est une manière d’empêcher, voire une incapacité de dérouler les associations d’idées.

 

Contactez-nous