Faire naître un enfant, paris 9è

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Faire naître un enfant, paris 9è

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Conférence « Faire naître un enfant »

Le vendredi 16 mars 2012 se tenait à la Mairie du sixième arrondissement de Paris une conférence intitulée « Faire naître un enfant » et animée, en binôme, par le pédopsychiatre François Ansermet et le professeur René Frydman, médecin obstétricien particulièrement connu pour avoir permis la naissance du premier bébé éprouvette.

Cet échange visait à articuler deux champs : la médecine de la reproduction et la psychanalyse.

Alors que nous naviguons dans l’ère de la scientificité, des questions relatives à la procréation restent sans réponse : comment penser cette procréation « hors-corps » permise par les nouvelles technologies ? Et que devient le désir d’enfant avec ces nouvelles technologies qui nous propulsent au-delà du représentable ?

Face à ces questions nouvelles, certains êtres se laissent aller à la tentation conservatrice. Les procréations médicalement assistées brouilleraient les repères, mettraient en crise le symbolique. Tels sont les discours du conservateur, qu’il distille sans omettre d’y ajouter une pointe de culpabilité. Face à cela, René Ansermet rappelle que les théories sexuelles infantiles inventées par les enfants vont bien plus loin que les procréations médicalement assistées. D’ailleurs, la question de l’enfant n’est pas : « par où je suis né ? », mais : « où j’étais avant d’être dans ton ventre ? ». Aussi, au contraire « d’une crise du symbolique », René Ansermet propose l’idée que les biotechnologies nous révèleraient les failles du symbolique au sens où notre appareil psychique ne nous permet pas de tout penser et il a notamment de la peine à penser les questions du sexe, de l’origine et de la mort. Ainsi, les procréations médicalement assistées nous montreraient les limites de l’imaginaire et du symbolique ; en somme, elles nous indiqueraient là où l’être ne peut plus penser.

Pour le professeur René Frydman, les mystères de la conception existent depuis tous les temps. Les procréations médicalement assistées nous posent face à une transgression du réel : ce qui était invisible devient visible, ce qui était irreprésentable devient représentable. C’est en ce sens que les procréations médicalement assistées sont une transgression mais cela ne va pas plus loin. Car l’énigme de la conception reste vraie, tout comme l’instant de la naissance reste énigmatique. Ainsi, ce qu’il demeure du mystère, c’est ce moment où l’être passe de l’in à l’ex dans ce moment fugace de l’expulsion. Cet instant de passage-là reste lourd, chargé, impalpable, suspendu.

La conférence a aussi balayé d’autres problématiques nouvelles telles que les demandes de grossesse tardives ou encore la question de la congélation des embryons. Ces nouveautés interrogent le rapport de l’être à la temporalité. Concernant les demandes de grossesse tardives, il est question d’une forme de dissociation entre le désir et les possibilités physiologiques du corps. On est dans un désir dissocié du temps.

Pour la congélation, il est question d’un désir « en potentialité », conservé hors du temps, éternisé. On est tout proche de la question de l’immortalité et de la mort. De l’immortalité car l’être peut dépasser la vie de celui dont il est issu. De l’immortalité encore, mais l’immortalité justement, est-elle importante si on est mort ?

Autant de questions nouvelles liées aux inventivités technologiques contemporaines et qui nécessitent d’être pensées et de trouver leur point d’articulation à la psychanalyse pour ne pas paralyser l’être, le clouer dans la culpabilité ou la peur.

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