Etre curieux, vouloir tout savoir de la vie des autres n’est-ce pas le signe d’une vie atone ?

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Etre curieux, vouloir tout savoir de la vie des autres n’est-ce pas le signe d’une vie atone ?

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Il me semble important de diviser cette question en plusieurs étapes.

 

D’abord la curiosité. Si en 1190 la curiosité – qui s’écrivait curioseté – était définie comme souci ou préoccupation exagérée, en 1268, elle devenait désir d’apprendre des choses obscures sans nécessité. Ce registre péjoratif du mot est encore en vogue aujourd’hui quand bien même la curiosité peut également être ce qui anime tant de personnes à découvrir les mystères de la vie sur terre. Ce sont les trouveurs. Il faut préciser cependant que pour être trouveur il est nécessaire d’avoir cette humilité d’apprendre à savoir où chercher.

 

Savoir au sens étymologique, veut dire avoir la capacité, avoir la possibilité. Cependant, savoir tout est impossible. Les mots y manquent, selon Jacques Lacan.

 

Ainsi, savoir sur la vie des autres est une tâche beaucoup plus aisée que savoir sur sa propre vie. Il n’y a rien de mystérieux à constater la puissance du commérage – sous une forme de commerce humain de la rage – des réseaux sociaux comme l’augmentation du nombre des soi-disant psychothérapies ou de techniques de dressage de l’esprit humain.

 

Quand je propose aux psys – histoire de dire avec MC Solaar, « bouge de là ! » –  de rencontrer un psychanalyste pour commencer ou continuer leur psychanalyse ; ou aux analystes de retourner sur le divan comme unique possibilité d’être cohérent avec ce qu’ils proposent, à savoir, le dégonflement de l’imaginaire qui fait souffrir l’être. Quand ces psys et ces analystes me regardent avec l’air d’une poule qui a trouvé un couteau, je ne peux que m’incliner face à tant de passion pour l’amour ignorant de la haine.

 

Pour savoir sur la vie, il nous faut d’abord définir ce qu’est un signe. Un signe sert à représenter une chose. Le signe est en rapport intime, non avec un nom et une chose, mais avec un concept et une image acoustique selon Ferdinand de Saussure. Ainsi, il m’est possible de dire que personne ne sait ce qu’est la vie. La vie, tout comme la mort, ne se définit pas. La première ne se définie pas premièrement parce qu’elle ne peut être que subjective et que la position de sujet n’est pas possible à tous. Ensuite parce que, même pour celles et ceux qui sont devenus sujets dans leur vie, cette dernière ne peut être appréhendé que par l’imaginaire. Quant à la seconde position, la mort, une fois mort, personne ne pourra dire ce qu’elle est.

 

L’image acoustique ou sensible, toujours selon Saussure, est appelée signifiant. Il ne s’agit pas ici du son matériel, mais de l’empreinte psychique de ce son. Le concept, appelé signifié, contient les traits distinctifs qui caractérisent ce signe par rapport aux traits d’autres signes de la langue.

 

Enfin, qu’est-ce qu’une vie triste ? C’est une vie où la personne cède, voire abandonne son désir.

 

Enfin, pour répondre à la question qui m’a été proposée, la curiosité n’est pas un vilain défaut, elle est la preuve chez l’enfant de son désir d’entrer dans le monde, de déchiffrer son énigme. Quand ce désir de savoir est accablé par des adultes indécents car pauvres sexuellement, menteurs, haineux, ce désir se détourne vers le commérage, faisant de la vie de celle ou celui choisi comme proie, un enfer.

 

 

 

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