Du désir de l’autiste et de ses parents

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Du désir de l’autiste et de ses parents

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Fernando de Amorim

Paris, le 16 juillet 2017

 

 

Quand le président Macron dit que « l’autisme a voyagé entre les problématiques ce qui a rendu, très difficiles les réponses apportées aux familles » je ne peux qu’être d’accord avec lui. Maintenant essayons de réfléchir à ce qui peut être fait.

 

Il me semble important que nous puissions partir du principe que l’autisme implique de prendre en charge l’être dès les premiers symptômes. Cela signifie aussi pouvoir compter avec la participation des adultes responsables de cet enfant. Et c’est justement ce qui n’est pas mis en évidence dans l’article de Coline Garré dans « Le Quotidien du Médecin » du 10 juillet 2017. On y parle d’argent, on y parle de situation psychosociale, éducative, tout en oubliant de signaler, puisque l’accent n’est pas mis, que l’être, autiste ou non, est aussi structuré comme un langage, par le désir des membres de sa famille. Sans l’implication dans la thérapeutique des proches, surtout des parents, il est impossible d’apporter un résultat concret à la détresse de l’autiste et de ses proches.

 

Si le Président de la République évoque sa confiance dans l’approche « transversale et pragmatique », j’espère que cette approche peut compter avec la présence des psychanalystes. Il faut signaler que cette concertation qui a été lancée le jour même, c’est-à-dire le 6 juillet 2017 à l’Elysée, comptait avec la présence de la secrétaire d’Etat chargée des personnes handicapées, Sophie Cluzel, la Ministre de la santé, Agnès Buzyn, et ses homologues à la recherche, Frédérique Vidal et à l’Education Nationale, Jean Michel Blanquer.

 

Cette concertation avec ces quatre voix va donner naissance « dans 6 mois au 4e plan Autisme ». Entre « juillet et décembre 2017, des réunions impliquant notamment départements et ARS se tiendront dans toute la France autour de quatre objectifs : « co-construction avec les associations d’usagers et de leurs familles, mobilisation des territoires, prise en compte des parcours et accentuation de l’inclusion des personnes, et identification des leviers d’action priorisée et concrets. » Comment mettre en place un tel dispositif où le pragmatisme est demandé par le président si les associations d’usagers et leurs familles ne veulent rien savoir du désir inconscient qui anime la vie d’un autiste et de ces parents ? Il est important que les psychanalystes puissent être invités à ces réunions pour que le registre imaginaire, idéologique, soit dégonflé pour qu’ainsi la position du désir puisse être reconnue par les acteurs d’une telle démarche si importante et urgente pour notre pays. Je suis dubitatif à l’idée que cinq groupes de travail se pencheront sur la scolarisation et l’enseignement supérieur, l’insertion sociale et professionnelle, la recherche et l’innovation, les familles et les parcours et enfin la qualité d’intervention de l’accompagnement au changement sans que le désir ne soit mis au cœur de toutes ces démarches. Le comité de pilotage sera présidé par Claire Compagnon qui a été l’auteur, en tant qu’inspectrice générale des affaires sociales et de l’évaluation, du 3e plan autisme. Elle sera garant de la méthode et du calendrier.

 

Madame Compagnon est-elle d’accord pour que la méthode psychanalytique fasse partie du comité de pilotage ?

 

Il est important de mettre en évidence que le handicapé désire aussi, ce que je rappelais au début de cette brève comme étant une vérité première : un être handicapé est un être de désir, aussi.

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