Carte des 3 structures

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Carte des 3 structures

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Une route maritime est un trajet qui ne peut pas, au contraire des routes terrestres, être matérialisé. Pour cela il faut utiliser des cartographies et des repères à partir des courants, des vents, des oiseaux. Le lecteur remarquera que j’utilise des références aux bateaux à voiles utilisés sur les fleuves et les océans au cours d’une période qui va des premiers navigateurs (de Colomb en 1992 qui aborde aux Antilles, Vasco de Gama qui atteint les Indes en 1498 et Magellan, plutôt El Cano, qui fait le tour du monde en 1519) jusqu’au début de l’utilisation des bateaux à vapeur, à savoir en 1776, le Palmipède du français Claude François Jouffroy d’Abbans.

 

La carte de la route clinique de la conduite de la cure que je propose ici, sert à indiquer la voie à suivre pour les psychanalystes qui assurent des psychothérapies et des psychanalyses avec des structures comme la névrose, la psychose ou la perversion.

 

En haut à gauche il y a un cercle en rouge qui représente le point de départ pour la psychothérapie avec les névrosés, les psychotiques et les pervers. Une fois que l’être entre dans le bateau de la cure il quitte la terre, représentée par le continent. Il descendra la rivière, qui représente la psychothérapie, jusqu’à l’embouchure. Je me suis inspiré de la descente de la rivière Guadalquivir par Magellan en septembre 1519 et qui lui a permis de conclure le premier tour du monde maritime.

 

L’embouchure est l’endroit où l’eau douce de la psychothérapie rencontre l’eau salée de l’océan. C’est ma lecture du Coran qui m’a éveillé à cette évidence.

 

Quand le patient pose la question au grand Autre barré, il quitte la rivière et il entre en psychanalyse, c’est-à-dire, il prend le large. Que le lecteur clinicien ne s’étonne pas que, pendant un certain temps, le discours du psychanalysant ne soit pas clair, comme s’il y avait encore des résidus de psychothérapie sur le divan, divan qui pourtant atteste que l’être est sur l’océan, sur l’eau salée, en psychanalyse. Cela n’est pas très important car, ce qui va déterminer le passage de la psychothérapie vers la psychanalyse est la question au grand Autre. Même si dans sa psychanalyse il y a encore cette coloration discursive psychothérapeutique (l’eau douce), nous avons la preuve qu’il est en psychanalyse (l’eau salée) par la question au grand Autre barré.

 

S’il s’agit d’un névrosé, il va pousser – grâce aux coups de rame donnés à chaque parole de ses associations libres et à chaque scansion du psychanalyste –pousse la cure vers l’avant. Ces deux démarches sont la preuve de ce que la castration pousse le bateau de la cure vers la mer d’Œdipe, mer imaginée par l’auteur de ses lignes pour signaler qu’aucun être qui parle – indépendamment de son âge, couleur ou religion – n'échappe à son Œdipe, et que le résoudre est au cœur même de la vie d’un être parlant pour qu’il puisse commencer sa vie. La sortie d’une psychanalyse est une sorte de deuxième accouchement. Si le premier est réel, celui-ci est symbolique.

 

C’est ce qu’il va faire en arrivant à proximité de la mer d’Œdipe qui marquera la spécificité de sa structure et de son rapport avec la castration. Ainsi, au fur et à mesure que la cure avance il s’approchera de la mer de l’Œdipe et la traversera, ou pas. La traversée est propre à la névrose en tant que structure. Si le psychanalysant touche terre, il y aura sortie de psychanalyse et il occupera effectivement la position de sujet.

Plusieurs psychanalystes ont fait ce parcours mais ils ont abandonné la position de psychanalysant. Le courant et le vent de la résistance les à tirés vers l’embouchure. Ils sont devenus des analystes.

 

Maintenant la psychose.

Dans la psychose une fois que le patient de structure psychotique pose la question au grand Autre barré, il entre en psychanalyse et va faire sa route dans un cadre particulier puisqu’il est sur le divan. Il est important ici que le psychanalyste puisse être prudent et qu’il n’interprète, ni ne scande, comme s’il avait a faire à un névrosé ou à un pervers. Il est contre-indiqué de lever les séances d’un psychotique comme il est courant de faire avec un névrosé. Les levées de séances avec le psychotique doivent attendre 2 ou 3 phrases après que le psychanalyste ait repéré le moment de scander la séance, marquant ainsi sa levée. Le but est que le psychotique puisse créer la possibilité d’une île. La mer d’Œdipe est touchée mais le psychotique ne la traverse pas. Cette possibilité d’une île peut donner, après une psychanalyse, la croyance apparente que le psychotique s’est névrotisé. Il n’en est rien. Il s’agit de l’effet de tombolo. Le psychotique devenant sujet dans son rapport au désir, construit mentalement, un pont symbolique solide, ce qui lui permet de fréquenter les névrosés, s’apparenter à leur comportement, sans pourtant, avoir la même médiocrité.

 

Enfin la perversion.

Dans les structures perverses, une fois que l’être a posé la question au grand Autre barré il entre en psychanalyse, comme écrit plus haut. Le pervers ne traverse pas l’Œdipe et ne touche pas comme le psychotique la mer d’Œdipe, il l’évite. L’important c’est que le pervers en psychanalyse puisse créer son mouillage.

 

 

 

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