Braquage Six brefs commentaires (II)

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Braquage Six brefs commentaires (II)

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Fernando de Amorim

Paris, le 29 mai 2017

 

 

 

Pour quelle raison je défends la psychanalyse ? Parce qu’elle m’a montré le chemin de la dignité. La moindre des choses c’est que maintenant, en tant que celui qui a bu à sa source, je protège sa dignité. Je m’inspire ici d’une remarque assassine de Freud en 1933, quand il écrivait que, des « nombreux psychiatres et psychothérapeutes [j’ajouterai les analystes et les psys de tout poil d’aujourd’hui] qui font bouillir leur petite soupe à notre feu [le feu chaud bouillant du désir de Freud] – sans d’ailleurs nous être particulièrement reconnaissants… ».

 

Toutes les fois qu’un psychanalysant pense qu’il peut faire mieux que son psychanalyste c’est qu’il n’a pas quitté la position imaginaire. Si « Massimo, se sentait capable de faire beaucoup mieux », c’est parce qu’il était engoncé dans cette relation imaginaire.

 

L’auteur de ses lignes entre dans cette mêlée, non avec le sentiment de pouvoir faire mieux que Jam, mais il est vrai que je sollicite Jacques-Alain Miller depuis des décennies pour qu’il puisse faire du Miller et ne pas continuer uniquement à prendre soin de Lacan. Ca suffit. Je pense que son travail consistant à honorer Lacan et son œuvre est fait et très bien fait. Il est important maintenant d’honorer son désir à lui, Miller. Je n’essaie pas de faire mieux que Miller, ce n’est pas nécessaire. Il a pris un bout d’une ficelle freudo-lacanienne, j’en ai pris un autre d’une autre ficelle. Il y a encore beaucoup de ficelles qui pendent et pas assez de tapissiers pour s’en saisir.

 

Il est vrai que j’y mets du mien, de mon désir, pour faire en sorte que la psychanalyse puisse être transmise. En portant le RPH sur mon dos, à l’instar de l’âne, j’étais dans la position de celui qui ne veut pas faire mieux mais qui veut reprendre les éléments qui ont été négligés par mes maîtres (Freud et Lacan) pour les actualiser. Ce n’est pas chercher à faire mieux que ces deux Messieurs, c’est simplement chercher à honorer leurs dires car, si nous suivons l’idée freudienne comme je l’indique depuis des décennies, à savoir, le retour au divan du psychanalyste et qu’il y reste jusqu’à la fin de sa vie professionnelle, ça pourrait éviter ce genre de difficultés (l’affaire Adler, Jung, hier, S. A. et M. aujourd’hui) pour nous tous.

 

L’idée freudienne, idée que je partage puisque je l’avais mise en pratique au sein du RPH, est que la psychanalyse du psychanalyste est sans fin et qu’un tel positionnement fait partie du contrat de base de la formation du psychanalyste.

 

Supposons maintenant que ce dispositif soit acquis et que le psychanalyste reçoive des patients et qu’il ne soit plus en psychanalyse cela doit être signalé par le psychanalyste au secrétaire général de l’institution, association, école, à laquelle il est rattaché. Ainsi, très rapidement, les autorités de cette école, c’est-à-dire le président, le secrétaire général, demanderont au psychanalyste quelles sont ses intentions, à savoir, s’il est d’accord ou non de continuer sa psychanalyse. S’il n’est pas d’accord, l’institution psychanalytique signalera publiquement que cette personne n’est plus habilitée à occuper la position de psychanalyste parce qu’il a abandonné sa propre psychanalyse. Cette autorité du transfert doit être mise en évidence pour éviter ce qui est en train de se passer aujourd’hui. Bien évidemment il s’agit d’une proposition, et bien évidemment celles et ceux qui n’ont aucune intention de retourner sur le divan vont se braquer. Mais je ne compte pas avec eux. Je compte avec leur désir.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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